Wat Chalong : le temple sacré de Phuket, un jour sans plongée
4 พฤษภาคม 2569
Le temple le plus vénéré de Phuket se trouve à dix minutes du quai de Chalong. À l'intérieur d'une pagode de 60 mètres, une relique osseuse du Bouddha voisine avec le souvenir d'un moine qui tint tête à une rébellion.
L'encens arrive avant l'architecture. On franchit la porte est du Wat Chaiyathararam — le temple que tout Phuket appelle simplement Wat Chalong — et un rideau de fumée de santal enveloppe le corps, assez dense pour en sentir le goût. Devant, une pagode de 60 mètres perce la canopée des arbres à pluie, sa surface dorée captant la lumière matinale comme un second soleil. Derrière le hall d'ordination, une salve de pétards éclate : quelqu'un est revenu honorer un vœu exaucé.
Dix minutes des bateaux de plongée
Le quai de Chalong est le point de départ de la quasi-totalité des sorties plongée à Phuket. Chaque matin avant sept heures, speedboats et longtails emmènent les plongeurs vers Racha Yai, Shark Point et les parois de Phi Phi. Ce que peu de visiteurs réalisent, c'est que le temple bouddhiste le plus important de Phuket se trouve à trois kilomètres au nord-est de ce même quai — dix minutes en tuk-tuk.
Cette proximité fait du Wat Chalong un complément naturel à tout séjour plongée. Le temple ouvre à sept heures, bien avant la chaleur de l'après-midi. Un jour de repos entre deux journées de multi-plongées, l'intervalle de surface obligatoire de 18 à 24 heures avant le vol retour, le matin suivant un retour de croisière-plongée — chacune de ces occasions laisse un créneau suffisant pour une visite d'environ 90 minutes.
Un moine, une rébellion et des bandeaux bénis
L'histoire qui a rendu Wat Chalong célèbre dans toute la Thaïlande commence par l'étain. Dans les années 1870, l'économie de Phuket reposait presque entièrement sur les mines d'étain, et la main-d'œuvre était massivement chinoise. Lorsque les cours mondiaux de l'étain se sont effondrés au milieu de la décennie, de nombreux propriétaires de mines ne pouvaient plus payer leurs ouvriers. Les sociétés secrètes chinoises, connues sous le nom d'« Angyee », déclenchèrent en 1876 un soulèvement armé à l'échelle de l'île.
Les villageois terrifiés se réfugièrent au Wat Chalong. L'abbé, Luang Pho Chaem, refusa de fuir. Selon le récit de Wikipedia, il bénit des bandeaux de coton — pha prachiat — pour les combattants, transformant le temple en point de ralliement de la résistance. La milice improvisée tint les rebelles en échec jusqu'à l'arrivée de renforts de Bangkok.
Le roi Rama V conféra par la suite à Luang Pho Chaem le titre royal de Phra Kru Wisit Wongsacharn. Aujourd'hui, des statues grandeur nature de Luang Pho Chaem et de son confrère Luang Pho Chuang se dressent dans l'ancien hall de prédication, recouvertes de feuilles d'or appliquées par des générations de fidèles.
La Grande Pagode et la relique du Bouddha
La structure qui domine l'horizon est le Phra Mahathat Chedi — une pagode de trois étages achevée en 2001 après dix ans de travaux. Haute de 60 mètres, elle est visible d'une grande partie du sud de Phuket. L'architecture mêle styles du sud, du centre et du nord-est de la Thaïlande — une fusion inhabituelle qui reflète à la fois l'histoire multiculturelle de l'île et l'ambition du projet.
Les premier et deuxième étages abritent des rangées de statues de Bouddha dans les sept postures correspondant aux sept jours de la semaine. Les peintures murales illustrent des scènes des Jataka — récits des vies antérieures du Bouddha — exécutées en pigments intenses qui rayonnent sous la lumière diffuse des hautes fenêtres.
Le dernier étage abrite la relique. En 1999, le Sri Lanka offrit au roi Rama IX, pour son 72e anniversaire, un fragment osseux du Bouddha — une Phra Borom Sareerikatat. La relique repose dans un reliquaire de verre au sommet du chedi. On peut monter au troisième étage, où l'air est plus frais et le regard porte de la baie de Chalong jusqu'à la mer d'Andaman.
Pétards, bâtonnets divinatoires et dévotion quotidienne
Wat Chalong n'est pas un musée. C'est un temple vivant, et les rituels qui s'y déroulent sont authentiques.
La tradition des pétards est la plus bruyante. Lorsque les bouddhistes thaïlandais estiment qu'une prière a été exaucée, ils reviennent au temple allumer des pétards en signe de gratitude. Plus la détonation est forte, plus la reconnaissance est profonde. Un vendeur près du four à briques en propose, et un gardien du temple aide à les allumer.
Plus discret mais tout aussi captivant, le rituel divinatoire appelé seam si consiste à secouer un cylindre de bambou jusqu'à ce qu'un bâtonnet numéroté en tombe. Le numéro correspond à une prédiction écrite sur un papier que l'on retire d'un présentoir voisin — une tradition d'origine chinoise intégrée à la pratique bouddhiste thaïlandaise depuis des siècles.
Informations pratiques
- Horaires : Tous les jours, 7 h 00 – 17 h 00
- Entrée : Gratuite (dons bienvenus)
- Distance du quai de Chalong : env. 3 km / 10 min en voiture ou tuk-tuk
- Tenue vestimentaire : Épaules et genoux couverts. Sarongs prêtés à l'entrée. Chaussures retirées dans les bâtiments.
- Durée de la visite : 60 à 90 minutes
- Meilleur créneau : Tôt le matin (7 h – 9 h) pour la fraîcheur et la tranquillité
Intégrer la visite à un séjour plongée
Le créneau le plus pratique est un jour de repos ou l'intervalle de surface obligatoire avant le vol retour. Si la dernière plongée se termine à midi, une visite en fin d'après-midi permet d'admirer la pagode sous une lumière dorée tout en évitant la chaleur. On peut ensuite remonter 25 minutes vers le nord pour déjeuner dans la vieille ville de Phuket — les nouilles à 50 bahts étoilées Michelin du quartier de l'étain valent le détour — et le jour de repos est complet.
Depuis Kata ou Karon, on rejoint Wat Chalong en 15 minutes vers le sud. Depuis Patong, compter une demi-heure. Phuket est une île compacte : le sud, d'où partent les bateaux de plongée et où les récifs comme celui de Racha Yai et ses 94 espèces s'étendent au large, est aussi le cœur spirituel de l'île.
























